Skip to content

The anti-capitalists in Switzerland support Baba Jan in his struggle for freedom

July 19, 2012

Pakistan : des militants de gauche accusés de terrorisme

Une manifestation massive a eu lieu le 6 juillet à Islamabad pour marquer la fin des deux semaines d’actions internationales qui ont été organisées afin de demander la libération de cinq prisonniers politiques détenus dans le nord du pays. Parmi eux, l’emblématique Baba Jan, infatigable militant socialiste et leader du Front progressistes des jeunes dans la région de Gilgit-Baltistan. Les cinq militants sont accusés de terrorisme pour avoir soutenu les victimes d’une inondation qui essayaient de faire valoir leur droit à des indemnités.

L’histoire commence en janvier 2010, dans une région montagneuse au nord du Pakistan, quand un éboulement massif bloque la rivière Hunza. Alors que l’eau s’accumule, les militants du Front progressiste des jeunes (PYF) descendent dans les rues pour dénoncer la négligence du gouvernement face la situation. L’eau inonde bientôt toute une vallée, affectant environ 25 000 personnes. Le PYF se bat alors aux côté des familles ayant perdu leurs terres qui demandent une compensation de la part du gouvernement.

Arrestations massives

Alors qu’ils manifestent pour faire valoir leur droit, la police ouvre le feu sur la foule, tuant sur le coup un jeune homme de 22 ans ainsi que son père qui essayait de lui porter secours. Toute la vallée se soulève alors, indignée, ce à quoi l’appareil étatique répond par des arrestations massives. Si la plupart des personnes arrêtées seront relâchées rapidement, Baba Jan et ses quatre camarades croupissent en prison depuis plus de dix mois. Accusés sous le coup de la loi antiterroriste, une loi infâme très souvent utilisée contre des opposants politiques ou des syndicalistes, les cinq compagnons ont été soumis à des actes de torture barbares.

Une campagne internationale pleine d’espoirs

Après de longs mois d’une campagne intense à l’intérieur du pays, les militants de Free Baba Jan ont lancé une campagne internationale, appelant à manifester devant les représentations pakistanaises des différents pays. C’est au moment où la campagne d’actions internationale battait son plein – des rassemblement ont eu lieu au Sri Lanka, en Allemagne, en Australie et en Indonésie et des camarades à Karachi ont entamé une grève de la faim symbolique – que la demande de libération sous caution de Baba Jan a été annoncée, le 26 juin dernier. Une belle victoire, qui a été de courte durée puisqu’à peine quelques jours plus tard, de nouvelles charges de terrorisme étaient retenues contre Baba Jan, empêchant  pour l’instant sa libération sous caution. Pendant ce temps, la campagne s’est amplifiée, de nouvelles manifestations ont eu lieu dans divers pays et un grand rassemblement est prévu le vendredi 6 juillet dans la capitale pour marquer la fin de ces deux semaines d’actions intensives.

Une alternative progressiste nécessaire

Depuis plus de dix ans, Baba Jan se bat pour donner une voix à ceux qui sont opprimés, exploités. Il s’est battu aux côtés des paysans contre le pouvoir des féodaux dans la région ainsi que contre l’exploitation des ressources naturelles par l’Etat sans aucun bénéfice pour les population locales. A maintes reprises, il a dénoncé les violences interreligieuses et appelé à la tolérance entre les différentes sectes. A l’intérieur même de la prison de Gilgit, il a réussi à mettre fin à la ségrégation entre Chiites et Sunnites. Son combat, c’est aussi celui pour l’autodétermination de Gilgit-Baltistan. Une région au statut bien particulier puisque juridiquement elle fait partie du Cachemire, territoire que se disputent l’Inde et le Pakistan, alors que dans les faits, elle est totalement contrôlée par le Pakistan. Ses habitants sont donc dépourvus de leurs droits civiques tandis que les ressources de leur région sont exploitées par l’Etat.

Parce que les militants de gauche au Pakistan s’opposent aux deux courants réactionnaires dominants – les Talibans et les adeptes des politique néolibérales – ils s’exposent à de nombreuses attaques aussi bien de la part de groupes intégristes que de l’oligarchie pakistanaise. Pour tous ceux qui pensent que ce n’est pas avec des attaques de drones[1] qu’on apportera la paix dans la région, il est d’une importance cruciale de soutenir ceux qui proposent une alternative progressiste aux politiques qui ravagent le pays.

No comments yet

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: